Green Invest est le cofinancement public que Tamwilcom met à la disposition des entreprises marocaines qui investissent dans la transition écologique. Concrètement, le dispositif ajoute une ligne de financement à taux réduit, 2,5 % HT, à côté de votre crédit bancaire, pour des projets d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique, de dépollution ou de valorisation des déchets. La part cofinancée peut atteindre 40 % du coût du projet, dans la limite de 10 millions de dirhams. Le produit existe, la mécanique est connue : c'est la phase de déploiement, en cours depuis 2026, qui commande aujourd'hui l'approche à adopter.
Le principe : un cofinancement, pas une subvention
Green Invest n'accorde rien directement à l'entreprise. Tamwilcom abonde des ressources les institutions financières partenaires, lesquelles accordent ensuite des crédits aux très petites, petites et moyennes entreprises. Cette architecture en cascade signifie deux choses. Votre interlocuteur premier reste la banque, qui instruit le dossier et formule la demande. Et l'aide publique se traduit par un taux d'intérêt plus bas sur la part cofinancée, pas par un chèque.
Le produit s'appuie sur une ligne de la Banque allemande de développement (KfW) de 31 millions d'euros, dont le déploiement a fait l'objet d'une assistance technique de trente-six mois à partir de mi-2026. Ce contexte explique pourquoi les banques partenaires montent en compétence sur l'analyse de dossiers verts : un système d'évaluation de l'éligibilité est en cours de structuration pour qualifier les demandes selon des critères environnementaux traçables.
Quels projets sont éligibles
Tout projet d'investissement à impact environnemental peut entrer dans le dispositif, dès lors qu'il relève de l'une des familles retenues : production d'énergie à partir de sources renouvelables ou propres, efficacité énergétique, dépollution et économie des ressources naturelles, valorisation des déchets, ainsi que la fabrication d'équipements destinés à ces filières. Les sources jugées propres couvrent le solaire, l'éolien, l'hydraulique, la biomasse, le biogaz et l'hydrogène.
Quelques exemples typiques permettent de se situer. Un atelier qui installe du photovoltaïque en toiture pour alimenter ses machines et revendre le surplus. Une conserverie qui remplace ses chaudières par une chaudière biomasse et récupère la chaleur fatale. Une entreprise de collecte qui transforme ses déchets organiques en compost commercialisable. Un fabricant qui réduit sa consommation d'air comprimé, poste souvent négligé et pourtant coûteux. Dans chaque cas, l'éligibilité se juge sur la finalité environnementale de l'investissement, pas sur l'appartenance du porteur à un secteur particulier. Les secteurs productifs sont ouverts, promotion immobilière et pêche hauturière exceptées.
Sur le plan juridique, il faut être une entreprise de droit marocain, non placée en redressement ou liquidation judiciaire, et exercer une activité productive. L'acquisition de biens matériels et immatériels, d'installations techniques et de constructions est finançable, à condition que les constructions ne dépassent pas 20 % du coût global du projet. Ce plafond est fréquemment sous-estimé : un projet qui rénove un bâtiment plutôt que d'acheter de l'équipement peut se retrouver inéligible sur cette seule ligne.
Les conditions financières
La structure attendue est la suivante. L'entreprise apporte au moins 20 % de fonds propres. La part Green Invest couvre jusqu'à 40 % du coût du projet, plafonnée à 10 millions de dirhams. La part bancaire doit au minimum égaler la part cofinancée. Sur la tranche Green Invest, le taux est fixé à 2,5 % HT, pour une durée maximale de douze ans, avec jusqu'à quatre ans de différé en capital.
| Volet | Quote-part | Plafond | Conditions |
|---|---|---|---|
| Fonds propres | 20 % minimum | Sans plafond | Apport du promoteur |
| Green Invest | Jusqu'à 40 % | 10 MDH | 2,5 % HT, 12 ans max dont 4 différés |
| Banque | ≥ part Green | Selon l'étude | Taux de marché |
| Constructions | ≤ 20 % du coût global | Non applicable | Hors dépenses de gros œuvre dominantes |
Ces chiffres correspondent à la fiche produit Tamwilcom. Les banques partenaires peuvent appliquer des critères complémentaires : historique de l'entreprise, qualité du plan d'amortissement, présence d'un audit énergétique. Un dossier complet passe mieux qu'un dossier conforme au minimum.
Demander un Green Invest
La demande se dépose exclusivement auprès de votre banque. Aucun formulaire public n'existe côté entreprise : c'est l'institution financière qui constitue le dossier et qui le transmet. Préparez donc, avant le premier rendez-vous, un programme d'investissement chiffré, les devis des équipements, une estimation des gains énergétiques ou des volumes de déchets traités, et votre plan de financement global.
Un mot sur les délais : le produit étant en phase de montée en puissance, la disponibilité des enveloppes varie selon les banques et les régions. Certaines agences appliquent déjà le circuit vert, d'autres attendent les consignes de leur siège. Demander l'état du guichet Green Invest dans deux établissements avant de déposer coûte une heure et fait gagner plusieurs semaines.
Deux appuis changent la qualité du dossier. Un audit énergétique ou une étude technique signée donne au banquier un élément chiffré pour justifier l'impact environnemental. Et les structures d'accompagnement des régions, comme les centres régionaux d'investissement, relisent les montages avant dépôt. Pour les investissements d'équipement plus lourds, la garantie publique reste un complément utile : Damane Istitmar couvre les crédits d'investissement supérieurs à 1 million de dirhams, et se combine à un cofinancement Green Invest dans un même plan. Le reste du plan, lui, se construit d'abord avec vos ressources : la logique du financement par fonds propres s'impose avant toute sollicitation bancaire.
Un dernier point mérite d'être dit. Green Invest n'est pas réservé aux grandes structures. Une très petite entreprise peut y prétendre dès lors que son investissement entre dans les familles éligibles et qu'elle apporte 20 % de fonds propres. Ce sont d'ailleurs les projets de taille intermédiaire, entre quelques centaines de milliers et quelques millions de dirhams, qui bénéficient le mieux du taux réduit : au-dessus, la part bancaire redevient le facteur dominant du coût total.
Questions fréquentes
Faut-il passer par une banque pour en bénéficier ?
Oui. Green Invest se déploie exclusivement via les institutions financières partenaires. Aucune demande ne se fait directement auprès de Tamwilcom, et le choix de la banque conditionne les délais comme la qualité du montage.
Quel est le coût réel du cofinancement ?
La part cofinancée est portée à 2,5 % HT pour une durée allant jusqu'à douze ans, dont quatre de différé. La part bancaire reste fixée aux conditions de marché, ce qui fait varier le coût total selon l'établissement.
Quand Green Invest est-il financièrement pertinent ?
Lorsque le projet dépasse le seuil où un crédit classique devient difficile à porter, et que l'investissement génère des économies mesurables : baisse de facture énergétique, vente d'électricité produite, valorisation de déchets. Sans gain chiffré, le dossier peine à convaincre le comité bancaire.
En résumé
Green Invest est l'outil de cofinancement vert de Tamwilcom : jusqu'à 40 % du projet, 10 millions de dirhams de plafond, un taux de 2,5 % HT et douze ans de durée, pour des investissements en énergies renouvelables, efficacité énergétique, dépollution ou valorisation des déchets. Les fonds sont adossés à une ligne KfW de 31 millions d'euros, dont le déploiement se poursuit à travers les banques partenaires. La question à instruire avant de prendre rendez-vous est simple : quel gain chiffré votre projet produit-il chaque année, et ce gain suffit-il à porter le crédit restant ?