MNF Ventures est la société de gestion marocaine qui pilote Maroc Numeric Fund et Maroc Numeric Fund II. Fondée en 2010 sous le nom de MITC Capital, elle a adopté l'identité MNF Ventures en octobre 2024, un changement de nom qui ne crée rien de nouveau : c'est la même équipe, les mêmes deux fonds et la même adresse au Technopark de Casablanca depuis plus d'une décennie.
La distinction avec le fonds lui-même importe pour votre dossier. Le fonds est l'enveloppe d'argent, MNF Ventures est l'organisme qui décide, négocie et suit. Cette fiche parle du gestionnaire : stratégie publiée, tickets, critères, portefeuille et manière de se faire présenter. L'historique détaillé du véhicule fait l'objet d'une fiche séparée sur le Maroc Numeric Fund II.
MNF Ventures : profil du gestionnaire
Le site officiel du gestionnaire donne les agréments utiles : création en 2010, plus de 30 startups technologiques financées, plus de 250 millions de dirhams sous gestion, des participations qui touchent plus de 20 pays et deux fonds en gestion. Le siège est au Technopark, route de Nouacer, Casablanca. La direction générale est assurée par Dounia Boumehdi, en poste à ce titre depuis 2013 après une arrivée en 2011 comme responsable d'investissement.
Les deux véhicules s'inscrivent dans des logiques publiques-privées différents. Maroc Numeric Fund est né dans le cadre de la stratégie Maroc Numeric 2013, avec le soutien d'Attijariwafa Bank, Bank of Africa, Banque Populaire, CDG Développement et Technopark Morocco ; le site officiel en recense 17 investissements réalisés dans des startups technologiques marocaines. Maroc Numeric Fund II a suivi fin 2018 dans le cadre du dispositif Innov Invest, avec Tamwilcom, Attijariwafa Bank, Bank of Africa, Banque Populaire et Technopark Morocco au nombre de ses actionnaires. MNF Ventures fait par ailleurs partie des trois sociétés de gestion partenaires retenues par Tamwilcom pour le segment investissement, aux côtés d'Emtech VC et d'Azur Partners.
MNF Ventures : stratégie, tickets et critères
La stratégie publiée tient en une phrase : des participations dans des startups technologiques à fort potentiel de croissance, avec des barrières à l'entrée solides, technologiques, réglementaires ou liées à l'expertise. Les tickets vont de 1 à 10 millions de dirhams, soit environ 100 000 à 1 million de dollars, et couvrent trois stades : amorçage, pré-Série A et Série A. Le montant est ajusté à la maturité de la société et à son plan de croissance, ce qui signifie qu'un ticket haut suppose un usage précis des fonds.
| Stades | Amorçage, pré-Série A, Série A |
|---|---|
| Tickets | 1 à 10 M MAD, soit environ 100 K à 1 M$ |
| Secteurs | Fintech, EdTech, PropTech, RetailTech, intelligence artificielle, SaaS, cybersécurité, mobilité |
| Géographie | Startups domiciliées au Maroc, ou à l'étranger avec au moins un fondateur de nationalité marocaine |
| Ville | Casablanca, Technopark, route de Nouacer |
Les critères officiels méritent d'être lus jusqu'au bout, car ils écartent des dossiers que les annuaires laissent croire éligibles. Le site de MNF énonce d'abord des exclusions nettes : les projets dont l'activité première est l'e-commerce, la distribution, l'importation ou la formation et le conseil en technologie sont écartés, tout comme les projets qui entreraient en concurrence directe avec une société déjà au portefeuille. Le périmètre reste la technologie, avec des extensions possibles vers la biotech et la greentech selon le site officiel.
Deux conditions supplémentaires apparaissent dans la fiche officielle et sont rarement citées : la société doit avoir moins de cinq ans au moment de l'investissement, et la localisation exige soit un siège au Maroc, soit, pour les fondateurs à l'étranger, au moins un porteur de nationalité marocaine. En 2023, ce volet diaspora a été précisé sous conditions, dont la création d'une présence génératrice de valeur au Maroc. C'est une porte réelle pour les fondateurs installés à l'étranger qui gardent un ancrage opérationnel national.
Portefeuille et opérations
Le portefeuille publié couvre des verticales déjà matures sur le marché marocain : fintech, immobilier en ligne, logistique, logiciels métiers. Trois opérations récentes illustrent la méthode. Z.Systems, une marketplace B2B pour le commerce de détail africain, a bouclé une levée de 1,05 million de dollars en amorçage menée par MNF Ventures au travers de MNF II, avec Witamax, Cash Plus Ventures et Kalys Ventures. Logidoo, plateforme logistique, a annoncé 1,55 million de dollars avec Maroc Numeric Fund II dans un consortium international. Agenz, service d'évaluation immobilière en ligne, a levé 13 millions de dirhams en pré-Série A, avec Azur Innovation Fund et Beenok, ce qui montre la pratique du co-investissement local, souvent avec des acteurs comme Azur Innovation Fund.
Les sorties existent aussi. En juin 2019, MNF a annoncé sa sortie de Ma-Navette, société de mobilité reprise par Glen Invest, avec une hausse du chiffre d'affaires multipliée par dix entre l'entrée du fonds en 2015 et l'opération. Un historique de sortie documenté reste l'un des arguments les plus crédibles face à un comité d'investissement.
Se faire présenter à MNF Ventures
La porte d'entrée habituelle passe par le réseau : incubateurs et accélérateurs partenaires, réseaux d'investisseurs providentiels, cabinets qui préparent les tours, et surtout les co-investisseurs déjà présents au même tableau. Le gestionnaire est également partenaire officiel du dispositif Innov Invest, ce qui signifie que des startups peuvent croiser son équipe via les structures labellisées avant même de parler d'une levée.
Concrètement, préparez un dossier qui répond aux quatre questions d'un ticket de 1 à 10 millions de dirhams : quel problème payant résolvez-vous, quelle traction sur douze mois, quelle utilisation précise des fonds stade par stade, et quelle défense face à un concurrent mieux doté. Ajoutez-y la donnée de captable, car la structure d'actionnariat est examinée tôt, et sachez que la due diligence rassemble statuts, contrats clients, états financiers, propriété intellectuelle et accords de partenariat existants. Un passage préalable par un petit tour d'amorçage, complété par des investisseurs providentiels marocains, rend le dossier plus lisible.
MNF Ventures : limites et zones d'ombre
D'abord, le ticket plancher d'un million de dirhams écarte les amorçages de quelques centaines de milliers, qui doivent être comblés ailleurs. Ensuite, le gestionnaire publie des agrégats, plus de 30 startups financées et plus de 250 millions de dirhams sous gestion, sans liste complète de participations ni taux de rendement : les sources divergent d'ailleurs sur le nombre exact d'investissements, certaines parlant de 28 sociétés pour l'ensemble des véhicules. La taille du fonds et les conditions de souscription se vérifient en direct, pas par annuaire.
Un mot sur les annuaires : certains affichent pour MNF Ventures un ticket de 2 à 15 millions de dirhams. Le site officiel du gestionnaire indique 1 à 10 millions, et c'est cette donnée qui fait foi. De même, les listes de secteurs des annuaires incluent parfois l'e-commerce parmi les cibles, alors que le gestionnaire l'écarte explicitement quand il constitue l'activité première. Vérifier deux fois contre la source primaire évite de préparer un dossier sur une enveloppe ou un secteur qui ne correspond pas.
Enfin, la contrainte d'ancrage marocain, notamment pour les fondateurs de la diaspora, n'est pas une formalité : elle suppose une présence créatrice de valeur documentée. L'oublier, c'est découvrir la condition au moment de la lettre d'intention.
Questions fréquentes
MNF Ventures et Maroc Numeric Fund, c'est la même chose ?
Non. Maroc Numeric Fund et Maroc Numeric Fund II sont les fonds, c'est-à-dire les enveloppes d'argent détenues par les investisseurs. MNF Ventures est la société de gestion qui investit au nom de ces fonds, anciennement MITC Capital. Le changement d'octobre 2024 n'a pas créé de nouvelle structure.
Quel montant faut-il viser ?
Les tickets publiés vont de 1 à 10 millions de dirhams en amorçage, pré-Série A et Série A. En dessous de ce plancher, l'entrée se fait plutôt par d'autres fonds, des accélérateurs ou des investisseurs providentiels, puis un tour complémentaire avec le gestionnaire.
Un fondateur basé à l'étranger peut-il candidater ?
Oui, depuis l'élargissement de 2023 aux startups fondées par la diaspora marocaine, à condition qu'au moins un fondateur soit de nationalité marocaine et de créer une présence qui génère de la valeur au Maroc. Le critère est opérationnel et pas seulement administratif : siège, recrutement, contrat ou activité effective doivent s'y retrouver.
Votre captable actuelle et votre traction sont-elles prêtes pour un premier échange avec une société de gestion institutionnelle comme MNF Ventures ?
Avertissement : les informations publiées dans cette rubrique sont fournies à titre indicatif et à des fins pédagogiques uniquement. Montants, critères, taux, enveloppes et conditions peuvent évoluer à tout moment en raison des arrêtés, décrets et décisions des organismes concernés. Avant toute décision, vérifiez systématiquement les conditions à jour auprès de l'organisme compétent (banque, Tamwilcom, ministère, société de gestion ou plateforme) ou sur son site officiel. Maroc Entreprise n'est ni un intermédiaire financier ni un conseiller en investissement et ne saurait engager sa responsabilité sur une décision prise sur la seule base de ces contenus.