Samia Terhzaz est directeur général délégué de la CGEM, la confédération qui représente les entreprises du Maroc. Son parcours raconte moins une ascension linéaire qu'un fil conducteur : le contrôle de gestion, appris à Paris Dauphine puis pratiqué dans des groupes industriels et financiers de premier plan. En vingt ans, elle est passée du reporting consolidé à la conduite de projets de fusion-acquisition, des fonctions support de l'assurance au secrétariat général d'une confédération patronale. C'est cette double culture — chiffres d'un côté, dialogue de l'autre — qui fait d'elle une figure singulière du management marocain.
Sommaire
- Samia Terhzaz : un parcours fondé sur le contrôle de gestion
- De l'ONA à SAHAM Assurance : quinze ans en environnement de groupe
- Samia Terhzaz à la CGEM : la dimension représentative
- Les compétences au cœur de la trajectoire de Samia Terhzaz
- Course de fond et engagement associatif
- Questions fréquentes sur Samia Terhzaz
Samia Terhzaz : un parcours fondé sur le contrôle de gestion
Tout commence à l'Université Paris Dauphine, où Samia Terhzaz se forme aux sciences de gestion. En 2000, elle débute comme contrôleur de gestion chez Saint-Gobain, en France. Le poste est moins spectaculaire que formateur : lire un compte de résultat, comprendre une chaîne industrielle, traduire une activité opérationnelle en indicateurs exploitables par la direction.
Ce vocabulaire-là ne la quittera plus. Le contrôle de gestion, pratiqué sérieusement, oblige à descendre dans l'usine, à écouter les responsables d'atelier et à confronter les plans aux réalisations. Samia Terhzaz en tirera une méthode qu'elle appliquera ensuite dans des environnements très différents : holding agroalimentaire, groupe d'assurance, puis organisation patronale.
De l'ONA à SAHAM Assurance : quinze ans en environnement de groupe
En 2001, Samia Terhzaz rejoint le groupe ONA, aujourd'hui Al Mada. Elle y occupe successivement les fonctions de contrôleur de gestion holding, puis de responsable du contrôle de gestion à la Centrale laitière, devenue depuis Danone Maroc. Elle termine cette période ONA en tant que project manager chargée d'opérations de fusion-acquisition et de synergies groupe : une fonction qui l'amène à évaluer des sociétés, à suivre les intégrations et à mesurer ce que les rapprochements produisent — ou ne produisent pas — sur le terrain.
En 2008, elle intègre le groupe SAHAM, où elle est chargée des participations financières et des ressources humaines. Deux ans plus tard, en 2010, elle bascule vers SAHAM Assurance. Son périmètre s'élargit considérablement : elle dirige les fonctions support — ressources humaines, achats, logistique et communication — puis la bancassurance, avant de devenir directeur général adjoint du pôle Gestion et secrétaire générale.
Cette séquence SAHAM vaut comme école de polyvalence. La bancassurance oblige à articuler deux cultures — celle de la banque, centrée sur le réseau, celle de l'assurance, centrée sur le risque et la sinistralité. Les fonctions support se jugent à la qualité de service rendue aux équipes commerciales ; le secrétariat général suppose de tenir ensemble gouvernance, obligations réglementaires et coordination des directions. Si vous travaillez dans un groupe de taille, ce sont ces fonctions qui font tenir l'édifice au quotidien.
Pour situer cet univers, notre lecture de l'histoire du groupe SAHAM replace la trajectoire de Samia Terhzaz dans le paysage des grands assureurs marocains.
Samia Terhzaz à la CGEM : la dimension représentative
En juin 2020, Samia Terhzaz quitte le secteur privé pour la Confédération Générale des Entreprises du Maroc, où elle rejoint la direction en tant que secrétaire générale. Le 28 juillet 2021, le conseil d'administration de la CGEM approuve sa nomination au poste de directeur général délégué ; l'annonce est faite le lendemain.
Le changement d'échelle est réel. Une confédération patronale ne pilote pas une chaîne de valeur : elle représente des intérêts multiples, coordonne des filières aux situations contrastées et dialogue avec les pouvoirs publics. Les méthodes acquises dans l'assurance — structurer un dossier, arbitrer avec des données, tenir un calendrier de décisions — restent utiles, mais doivent s'y adjoindre l'écoute et la capacité à faire converger des positions contradictoires.
C'est ce qui rend son parcours utile aux managers : la compétence qui fait progresser n'est pas toujours la même d'une organisation à l'autre. Le numerus reste indispensable ; il ne suffit plus. Nos articles sur les leviers de cohésion d'équipe détaillent cette part, plus difficile à mesurer, du travail de direction.
Les compétences au cœur de la trajectoire de Samia Terhzaz
À relire sa carrière, quatre blocs de compétences reviennent.
Le pilotage économique. Du contrôle de gestion holding au pôle Gestion de SAHAM Assurance, Samia Terhzaz a exercé le métier qui consiste à donner aux dirigeants une image fidèle de l'activité. Ce socle explique sa crédibilité dans des fonctions pourtant très éloignées les unes des autres.
La conduite du changement. Les projets de fusion-acquisition menés chez ONA, puis l'intégration de fonctions support relèvent de chantiers où l'humain pèse autant que le tableur. On ne fait pas fusionner deux directions des ressources humaines avec un seul plan d'action.
La distribution financière. Diriger la bancassurance suppose de comprendre les produits d'assurance, les canaux de banque et les impératifs réglementaires : un métier de traduction permanente entre acteurs aux logiques propres.
La gouvernance. Secrétaire générale puis directeur général délégué d'une confédération, elle exerce des fonctions où l'organisation des décisions — qui décide, à partir de quel document, avec quel calendrier — conditionne la capacité d'action collective. C'est l'envers, moins visible, du pilotage économique qui l'a formée.
Course de fond et engagement associatif
Sur le plan associatif, Samia Terhzaz préside le Club Marocain des Coureurs de Fond, le CMCF. L'information pourrait paraître anecdotique ; elle ne l'est pas. La course de fond est un exercice d'endurance où la progression se mesure sur des mois, où la régularité compte plus que l'éclat d'un jour — une discipline qui dit quelque chose des tempéraments qui la pratiquent.
Cette implication associative s'inscrit dans une tradition marocaine : les dirigeants y assument souvent des responsabilités qui dépassent leur périmètre professionnel, et c'est par ces fonctions que se nouent des relations durables entre secteurs.
| Période | Organisation | Fonction occupée |
|---|---|---|
| 2000 | Saint-Gobain | Contrôleur de gestion |
| 2001-2008 | Groupe ONA (aujourd'hui Al Mada) | Contrôleur de gestion holding, responsable contrôle de gestion à la Centrale laitière (Danone Maroc), project manager fusion-acquisition et synergies groupe |
| 2008-2010 | Groupe SAHAM | Chargée des participations financières et des ressources humaines |
| 2010-2020 | SAHAM Assurance | Directeur des fonctions support, directeur Bancassurance, directeur général adjoint pôle Gestion, secrétaire générale |
| Depuis juin 2020 | CGEM | Secrétaire générale, puis directeur général délégué (nomination approuvée en juillet 2021) |
| Associatif | Club Marocain des Coureurs de Fond | Présidente |
Questions fréquentes sur Samia Terhzaz
Quelle est la fonction actuelle de Samia Terhzaz ?
Samia Terhzaz est directeur général délégué de la CGEM, après avoir rejoint la confédération en juin 2020 comme secrétaire générale. Son nomination au poste de directeur général délégué a été approuvée par le conseil d'administration de la CGEM fin juillet 2021.
Quel est le parcours de Samia Terhzaz avant la CGEM ?
Après ses études à l'Université Paris Dauphine, Samia Terhzaz débute en 2000 comme contrôleur de gestion chez Saint-Gobain. Elle rejoint ensuite le groupe ONA en 2001, où elle exerce notamment en contrôle de gestion et en project management sur des opérations de fusion-acquisition, puis le groupe SAHAM en 2008. Chez SAHAM Assurance, elle dirige les fonctions support, la bancassurance, le pôle Gestion et le secrétariat général.
Pourquoi le parcours de Samia Terhzaz intéresse-t-il les managers ?
Parce qu'il montre qu'une carrière de direction peut se construire depuis une fonction d'appui : le contrôle de gestion, souvent perçu comme lointain du terrain, lui a servi de base pour accéder à des postes opérationnels puis représentatifs. C'est un parcours qui réhabilite l'expertise technique comme tremplin, à condition de la compléter par la conduite de projets et le dialogue.
À retenir. Le parcours de Samia Terhzaz ne doit pas se résumer à la liste de ses titres. Ce qui se dégage, c'est une cohérence : une même exigence de rigueur économique, déclinée dans l'industrie, l'assurance et la représentation patronale, et une capacité à changer d'échelle sans changer de méthode. Pour un manager marocain, c'est probablement là que réside l'intérêt principal de son exemple — non pas le poste atteint, mais la manière dont il a été rendu possible.
Et vous, quelle compétence d'appui avez-vous transformée en avantage décisif pour votre propre trajectoire ?