Le 14 mai 2026, Mehdi Tazi a été élu président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). L'assemblée générale élective s'est tenue ce jour-là à Casablanca. Le binôme qu'il formait avec Mohamed Bachiri était le seul en lice, et il a recueilli 3.773 voix sur 4.123 suffrages exprimés, soit 91,5 %. Jusque-là, Mehdi Tazi officiait comme vice-président général de la Confédération, aux côtés de Chakib Alj, dont le mandat s'achevait.
Avant la politique patronale, il y a eu plus de vingt ans d'assurance et de courtage : le Groupe Saham d'un côté, la construction de Beassur et le partenariat avec le groupe sud-africain Marsh de l'autre. Un parcours qui explique peut-être la façon dont il aborde son nouveau poste, entre réalisations concrètes et chantiers industriels.
Mehdi Tazi, de Télécom Paris Sud au Groupe Saham
Mehdi Tazi est diplômé de Télécom Paris Sud en 1999, la même année où il entame sa carrière à KPMG Consulting France. Il y reste six ans avant de recevoir, en 2004, un MBA de l'INSEAD. Ces deux formations, ingénierie puis gestion, donnent le ton d'un parcours bâti entre la technique et la finance.
En 2005, il rejoint le Groupe Saham comme directeur du développement. Trois ans plus tard, il prend la direction générale d'Isaaf Mondial Assistance, filiale d'assistance du groupe, après quatorze mois passés comme directeur général adjoint.
Douze ans chez Saham, jusqu'à la direction de Saham Assurance
Entre 2010 et 2017, Mehdi Tazi siège au conseil d'administration de plusieurs compagnies du groupe : Saham Assurance au Maroc, au Niger, au Rwanda et en Angola, mais aussi Taslif et le CAT au Maroc. Il dirige aussi GA Angola Seguros de 2013 à 2014.
En 2014, il est nommé président-directeur général de Saham Assurance, après trois ans passés à sa direction générale. L'assureur compte alors parmi les grands noms de l'assurance marocaine. Trois ans plus tard, Saham cède son activité assurance au groupe sud-africain Sanlam. Mehdi Tazi, qui a passé douze ans dans le groupe, décide alors de ne pas poursuivre : « J'ai passé douze ans dans ce groupe. À 40 ans, il est temps pour moi de faire un nouveau départ », confie-t-il à la presse spécialisée en quittant Saham Assurance.
Beassur, Marsh et ASK Capital : bâtir un courtier panafricain
La même année 2017, Mehdi Tazi acquiert Beassur, l'un des principaux courtiers en assurance du Maroc. Le fondateur de la firme, Mohamed Belmkadem, reste alors actionnaire et dirige la société aux côtés de lui. Mehdi Tazi devient par ailleurs président-directeur général d'ASK Capital, la holding qui regroupe ses participations dans l'assurance, l'immobilier et les services aux entreprises.
ASK Capital emploie aujourd'hui environ 500 personnes, réparties sur cinq participations : Marsh Morocco, courtier historique du pays ; Cover Edge, spécialisée dans l'assurance voyage et l'assistance ; Cover Edge Re, compagnie de réassurance africaine ; Arkhe Real Estate, fonds immobilier locatif ; et XOS, prestataire de services informatiques pour les entreprises.
L'entrée de Marsh au capital de Beassur se fait en deux temps. En 2019, le groupe mondial du courtage acquiert une participation minoritaire. En 2022, il devient majoritaire, et la société devient Marsh Morocco. La même année, Mehdi Tazi prend 80 % du capital d'AXA Assistance Maroc auprès d'AXA Partners, le solde restant aux mains d'AXA Assurance Maroc.
Son activité dépasse l'entreprise. Mehdi Tazi est administrateur du CIMR, de la CNSS, de Tamwilcom, de l'AMDIE et de l'ISCAE. La revue Jeune Afrique l'avait désigné en 2013 parmi les 25 jeunes leaders africains, et l'Institut Choiseul l'a classé en 2014, 2015 et 2016 parmi les 100 leaders africains de moins de 40 ans.
Note de lecture : Mehdi Tazi n'a aucun lien avec Karim Tazi, le créateur de la marque Monte Pull et dirigeant du groupe Marwa, dont le parcours est lui aussi présenté sur ce site.
Vice-président général de la CGEM sous Chakib Alj
Mehdi Tazi connaît la maison patronale de l'intérieur. Pendant six ans, il en a porté les dossiers comme vice-président général, sous la présidence de Chakib Alj. Cette connaissance de la maison lui a permis de présenter un programme précis dès le premier jour de sa campagne.
La passation se fait sans heurts. Chakib Alj achève son mandat à la tête de la CGEM, et Mehdi Tazi lui succède aux côtés de son partenaire de campagne, Mohamed Bachiri, avec qui il présente un programme commun dès le point de presse du 11 mai.
Un élu sans appel le 14 mai 2026
L'assemblée générale élective de la CGEM s'est tenue à Casablanca le 14 mai 2026. Le ticket Tazi-Bachiri est le seul à s'être présenté. Il récolte 3.773 voix sur 4.123 suffrages exprimés, soit 91,5 % des voix. Peu après, le roi Mohammed VI adresse un message de félicitations au nouveau président, dans lequel il salue en particulier l'attention portée aux petites et moyennes entreprises.
Déjà, Mehdi Tazi affiche une rupture de méthode : « Passer d'une CGEM de plaidoyer à une CGEM de réalisation et d'impact », résume-t-il lors du point de presse du 11 mai. Le pays, ajoute-t-il, « est au seuil de passer à un niveau supérieur. Cela se ressent dans les entreprises, dans la société civile, dans l'image du pays et dans plusieurs secteurs ».
Le 22 juin 2026, le premier conseil d'administration du mandat complète la gouvernance. Mohamed Bachiri est confirmé vice-président général, Youssef Alaoui et Naziha Belkeziz deviennent vice-présidents, et Jinane Laghrari prend la fonction de trésorière.
Les cinq priorités du mandat 2026-2029
Lors du deuxième conseil d'administration du mandat, le 10 septembre 2026, la CGEM fixe ses priorités pour la rentrée économique. Elles tiennent en cinq points : accélérer l'investissement privé et développer la base industrielle nationale, renforcer la compétitivité et la montée en gamme, soutenir davantage les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), développer l'emploi et les compétences, et enfin élargir l'ouverture des entreprises marocaines à l'international et diversifier leurs marchés d'export.
L'objectif affiché est de faire de l'entreprise, et en particulier des TPME, un moteur plus puissant de la prochaine étape de croissance du royaume. La dynamique doit profiter aux jeunes, aux femmes et à l'ensemble des territoires.
Ces priorités se dessinent à l'approche des élections législatives du 23 septembre 2026. La Confédération a engagé des échanges avec les partis politiques qui en ont fait la demande, et prépare le terrain d'un dialogue avec le prochain gouvernement.
Banque de projets, mentoring et tournée des régions
Quelques semaines après son élection, Mehdi Tazi passe de la déclaration d'intention aux annonces opérationnelles. Le 18 octobre 2026, au forum « Entrepreneurs en mouvement », il annonce la relance de la banque de projets industriels et plaide pour une révision des règles applicables à l'investissement privé, qu'il juge pénalisantes pour les porteurs de projets.
Sur le terrain régional, la CGEM ne se contente pas non plus de communiqués. Le 15 octobre, en partenariat avec l'agence belge Enabel, elle lance Maghrib Belgium Mentoring, un programme de mentorat destiné à dynamiser l'entrepreneuriat dans la région de l'Oriental. Une semaine plus tard, une délégation conduite par son président se rend à Béni Mellal-Khénifra, où les entreprises locales exposent leurs contraintes.
Reste une question : celle du temps. Un mandat de trois ans se mesure à ce qui bascule concrètement, et Mehdi Tazi dispose pour l'instant d'un capital politique net, issu d'un score électoral rare et de ses six ans comme vice-président général.
Questions fréquentes sur Mehdi Tazi
Quel était le parcours de Mehdi Tazi avant la présidence de la CGEM ?
Diplômé de Télécom Paris Sud en 1999 et titulaire d'un MBA de l'INSEAD (2004), Mehdi Tazi a commencé chez KPMG Consulting France avant d'intégrer le Groupe Saham en 2005 comme directeur du développement. Il a dirigé Saham Assurance de 2014 à 2017, puis a racheté le courtier Beassur, rebâti autour de Marsh Morocco au sein de sa holding ASK Capital.
Comment Mehdi Tazi a-t-il été élu à la tête de la CGEM ?
L'assemblée générale élective de la CGEM s'est tenue le 14 mai 2026 à Casablanca. Le binôme Tazi-Bachiri, seul candidat en lice, a obtenu 3.773 voix sur 4.123 suffrages exprimés, soit 91,5 %. Le roi Mohammed VI lui a adressé peu après un message de félicitations.
Quelles sont les priorités du mandat de Mehdi Tazi à la CGEM ?
Cinq priorités structurent la mandature 2026-2029 : l'investissement privé et la base industrielle, la compétitivité et la montée en gamme, le soutien aux TPME, l'emploi et les compétences, et l'ouverture à l'export. La relance de la banque de projets industriels, annoncée en octobre 2026, est l'un des premiers chantiers concrets de ce programme.