Le jeudi 29 octobre 2026, le fabricant sud-coréen SEOIL Corporation a inauguré à Settat son usine SEOIL Morocco Corporation, première implantation du groupe sur le continent africain. L'unité produit des pailles pour boissons et concentre 95 % de sa future production sur l'exportation. C'est le neuvième site du groupe, qui en compte huit autres en Corée du Sud, en Indonésie, aux États-Unis, en Chine et en Turquie.
Une première usine SEOIL hors de Corée
L'usine est implantée dans la zone industrielle et logistique LOGINTEK, à Sidi El Aidi, dans la province de Settat. Elle occupe un site de 24 790 m². Le matin du 29 octobre, la cérémonie a réuni les équipes du groupe et les partenaires institutionnels marocains, notamment le Centre régional d'investissement Casablanca-Settat, qui a accompagné les démarches d'implantation.
SEOIL Corporation a été fondée en Corée du Sud en 1979. Son siège est à Séoul, son centre de recherche et développement à Gimpo. Le groupe vend plus de 50 milliards de pailles par an à des clients dans plus de 110 pays et emploie plus de 2 100 personnes. Avec Settat, son réseau passe à neuf unités de production réparties entre la Corée du Sud, l'Indonésie, les États-Unis, la Chine, la Turquie et le Maroc.
« L'inauguration de SEOIL Morocco Corporation revêt une importance particulière pour notre groupe : elle marque notre première implantation industrielle en Afrique », a déclaré Kyung Tae Kim, CEO de SEOIL Corporation, dans le communiqué relayé par Le Matin et Médias24 le 30 octobre 2026.
Six milliards de pailles, 95 % pour l'export
La capacité annoncée atteint six milliards de pailles par an, divisée en deux moitiés égales : trois milliards de pailles en papier et trois milliards de pailles en polypropylène et matériaux biodégradables. Les deux sources concordent sur ce découpage. Plus de 95 % de cette production est destinée aux marchés extérieurs, en Europe, dans les Amériques et en Afrique.
Les capacités citées correspondent au potentiel prévu de l'installation, pas à un volume déjà produit : la montée en cadence se fera progressivement après l'inauguration. Le communiqué ne donne aucun chiffre d'investissement. Le site Batimag, qui s'appuie sur les informations du Centre régional d'investissement Casablanca-Settat, annonce de son côté plus de 270 emplois directs pour le projet ; Le Matin et Médias24 ne précisent effectivement ni montant investi ni effectif attendu.
Le choix du papier n'est pas anecdotique. La demande de pailles alternatives au plastique progresse dans les marchés européens, et SEOIL produit déjà ce type de pailles dans ses autres usines. Le site marocain fabrique les deux gammes sur une même ligne, ce qui laisse une marge de manœuvre si les réglementations européennes sur les plastiques à usage unique durcissent encore.
Le roadshow marocain en Corée du Sud
Le projet n'est pas tombé du ciel. Il prolonge le roadshow organisé par le Maroc en Corée du Sud en 2025, au cours duquel des délégations marocaines ont présenté le Royaume à des entreprises coréennes, ainsi que les démarches de prospection menées après cette tournée. Les deux articles le rappellent explicitement.
Le contexte commercial aide. En septembre 2026, Le Matin rapportait que la Corée du Sud avait inscrit le Maroc parmi les sept marchés prioritaires pour l'ouverture ou la reprise de négociations commerciales en 2026. Proximité de l'Europe, accès aux marchés africains, ports atlantiques : les arguments avancés lors du roadshow sont ceux que le groupe a retenus pour justifier son choix.
Pour les entreprises marocaines, la leçon est mécanique. Les contacts institutionnels récoltés lors d'un salon ou d'une mission ne deviennent des usines que s'ils sont suivis d'un accompagnement administratif concret : foncier, permis, raccordements, main-d'œuvre. C'est exactement le rôle qu'a joué le CRI Casablanca-Settat sur ce dossier.
Formation des équipes et transfert de savoir-faire
SEOIL Morocco Corporation s'appuie sur la capacité du groupe à concevoir et fabriquer ses propres machines. Les équipes marocaines seront formées, notamment au sein d'autres unités de SEOIL en Asie, avant de prendre leurs fonctions à Settat.
« Notre priorité est de donner à nos équipes les moyens de maîtriser nos technologies et nos exigences de qualité. Les formations et les échanges avec les autres usines du groupe permettront de développer une expertise locale », a expliqué Seok Cheon Choi, gérant de SEOIL Morocco Corporation. Le transfert passe par les standards de qualité communs aux neuf usines : un même contrôle, quel que soit le site de production.
Eau recyclée et solaire en toiture
L'unité intègre un système de purification et de recyclage de l'eau en circuit fermé, nécessaire aux exigences d'hygiène de la production tout en limitant la consommation. Les eaux de pluie sont collectées, filtrées puis réutilisées pour les usages non potables.
Côté énergie, le projet prévoit des panneaux photovoltaïques en toiture associés à un stockage d'électricité. Des moteurs à variateur, des correcteurs de facteur de puissance et des équipements économes complètent le dispositif. Ces choix répondent à des contraintes de coût autant qu'aux orientations nationales sur la transition industrielle : une usine qui consomme moins d'eau et d'électricité est une usine dont la facture tient mieux la route.
Ce que l'implantation change pour les entreprises marocaines
Trois effets se dégagent, à des échelles différentes. D'abord, une filière locale : un site de 24 790 m² a besoin de maintenance, d'emballage, de transport, de sous-traitance industrielle. Les prestataires de la province de Settat et de la Casablanca-Settat sont en première ligne pour ces marchés.
Ensuite, un effet de vitrine. Le Maroc cherche depuis des années à attirer des manufacturiers coréens ; l'usine SEOIL est un cas concret à présenter lors des prochaines missions commerciales, comme le font déjà d'autres implantations de la région. La politique industrielle marocaine repose sur ce mécanisme de clusters : un donneur d'ordre ou un exportateur s'installe, son écosystème de fournisseurs suit. Un aperçu de cette logique figure dans notre dossier sur la politique industrielle marocaine.
Enfin, la question logistique. Avec 95 % de la production exportée, tout dépend du coût et de la fiabilité du départ des conteneurs. Le lancement, le 31 octobre 2026, du premier terminal à conteneurs de Nador West Med arrive dans la même séquence : le Royaume équipe ses corridors d'exportation. Le détail de cette mise en service est dans notre article sur le premier terminal de Nador West Med.
Questions fréquentes sur l'usine SEOIL de Settat
Quand l'usine SEOIL de Settat a-t-elle été inaugurée ?
L'inauguration a eu lieu le jeudi 29 octobre 2026, dans la zone industrielle et logistique LOGINTEK, à Sidi El Aidi, province de Settat. Le matin a été consacré à la cérémonie, relayée le 30 octobre 2026 par Le Matin et Médias24.
Quelle capacité de production l'usine prévoit-elle ?
Six milliards de pailles par an : trois milliards de pailles en papier et trois milliards en polypropylène et matériaux biodégradables, sur un site de 24 790 m². Plus de 95 % de cette production est destinée à l'exportation, en Europe, dans les Amériques et en Afrique. Ce chiffre correspond au potentiel annoncé, pas à un volume déjà fabriqué.
Combien d'emplois la création de SEOIL Morocco Corporation va-t-elle générer ?
Les communiqués relayés par Le Matin et Médias24 ne donnent ni montant d'investissement ni effectif attendu. Le site Batimag, s'appuyant sur le Centre régional d'investissement Casablanca-Settat, évoque plus de 270 emplois directs. Le chiffre reste donc à confirmer par les annonces du groupe au moment de la montée en cadence.