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Mohamed Bachiri : parcours d'un industriel au service de Renault Maroc

Mohamed Bachiri : parcours d'un industriel au service de Renault Maroc

Mohamed Bachiri dirige Renault Group Maroc depuis le 1er décembre 2021. Né le 29 décembre 1965, lauréat de l'Université de Lille et titulaire d'un European Executive MBA de l'ESCP, il demeure directeur de l'usine de Tanger et coordinateur du pôle industriel marocain du groupe français. Élu vice-président général de la CGEM le 14 mai 2026, il incarne la montée en puissance de l'automobile marocaine.

Mohamed Bachiri : des ressources humaines à l'industrie

Il débute dans les ressources humaines au sein du groupe Lafarge, où il apprend le métier qu'il ne quittera jamais vraiment : recruter, former, fidéliser. En 2006, il rejoint Renault comme directeur des ressources humaines de la SOMACA et de Renault Commerce Maroc. En 2009, il devient directeur des ressources humaines du groupe Renault Maroc, un chantier pharaonique en perspective.

Il s'agit de préparer le capital humain de l'usine Renault-Nissan de Tanger. Premier Marocain à travailler sur ce projet hors norme, il recrute et forme les 5 000 futurs salariés du site avant son inauguration de 2012, afin qu'ils produisent des véhicules « Made in Morocco » aux normes internationales. Sa conviction, jamais démentie depuis : la performance industrielle se prépare par les hommes, avant de se préparer par les procédés.

Mohamed Bachiri et l'usine Renault de Tanger

Inaugurée en 2012, l'usine de Tanger marque le basculement du Maroc parmi les grands producteurs automobiles. En marge de l'événement, le roi Mohammed VI décore Mohamed Bachiri du Ouissam du Mérite National au grade d'officier.

Première usine du groupe conçue pour être carbone neutre, elle affiche une capacité de 340 000 véhicules par an (données 2020), concentre plus de 75 % de la production marocaine du groupe en 2025 et emploie près de 6 000 personnes, à quelques kilomètres de Tanger Med. En juillet 2025, Tanger produit le 2 000e Mobilize DUO, premier véhicule 100 % électrique fabriqué au Maroc, à cadence annoncée de 17 000 unités par an.

De Valladolid à la SOMACA, le virage manufacturing

De 2013 à 2015, il s'expatrie chez Renault Espagne, à Valladolid, où il occupe des postes de responsabilité en manufacturing : lignes, productivité, qualité. En 2015, de retour au Maroc, il prend les rênes de la SOMACA, l'usine de Casablanca, jusqu'en 2020. Il devient alors le premier Marocain à diriger une usine du groupe Renault.

Le 1er novembre 2020, il succède à Jean-François Gal à la tête de l'usine de Tanger, dont il coordonne aussi le pôle industriel Maroc. Le 1er décembre 2021, Renault Group annonce qu'il succède à Marc Nassif à la tête de Renault Group Maroc : il devient le premier Marocain à occuper le poste de directeur pays, tout en conservant la direction de son usine.

Renault Group Maroc en 2025 : les chiffres

Présentés début 2026 à Casablanca, les résultats 2025 donnent l'échelle du périmètre de Mohamed Bachiri : 394 465 véhicules produits par les usines de Tanger et de Casablanca, en recul de 5 % sur un 2024 record mais supérieurs de 3 % à 2023. Près de 82 % de cette production, soit 327 552 véhicules, est exportée vers 63 destinations, dont la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne.

Le Maroc est ainsi la deuxième plateforme industrielle du groupe par les volumes, avec près d'un véhicule vendu sur six à l'international produit dans le Royaume. Les deux usines emploient environ 10 000 salariés et s'appuient sur 87 fournisseurs de premier rang. En 2024, l'entité affichait 5,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires et une capacité de 500 000 véhicules par an, soit près de 1 700 véhicules sortis chaque jour. Fabriquée exclusivement au Maroc, la Sandero est restée la voiture la plus vendue d'Europe pendant huit ans (données 2025).

Un patronat engagé : de la CGEM au Royal Automobile Club Marocain

Très actif dans les instances patronales, il préside la commission Solutions Sectorielles de la CGEM en 2018, dirige la Fédération Automobile de 2018 à 2022 et assure la présidence par intérim de la CGEM d'octobre 2019 à janvier 2020, après la démission de Salaheddine Mezouar. De 2020 à 2023, il est vice-président de la confédération et préside la commission Innovation et Développement Industriel.

Il dirige depuis 2021 la commission Développement Industriel et le Groupe Maroc Industrie, préside le Royal Automobile Club Marocain depuis 2024 et administre l'OFPPT, l'IMA et l'IMANOR. Le 14 mai 2026, il est élu vice-président général de la CGEM aux côtés de Mehdi Tazi, avec 91,5 % des 4 123 suffrages exprimées, pour un mandat de trois ans.

Son style de direction : le capital humain d'abord

Un DRH devenu responsable manufacturing puis directeur d'usine : il traite la production comme une question d'organisation et de compétences, avant d'en faire une question d'équipements. Le lancement de Tanger, construit sur trois ans de recrutement et de formation, en est l'illustration.

Son second marqueur est le dialogue social. En décembre 2025, Renault Group Maroc signe des accords sur les droits des travailleurs avec la CDT pour la SOMACA et Renault Commerce Maroc, et avec l'UMT pour l'usine de Tanger. Le troisième est le partenariat : il présente le Maroc comme un « pilier clé » de l'empreinte industrielle mondiale du groupe.

Les leçons de management de Mohamed Bachiri

Commencer par les personnes avant les procédés. Une usine ne vaut que par les équipes qu'elle recrute et forme.

Savoir changer de fonction. Des ressources humaines au manufacturing, de l'Espagne à la SOMACA, chaque rupture a ouvert la porte suivante.

Construire dans la durée. Sept ans de direction des ressources humaines, cinq ans à la tête de la SOMACA, puis Tanger et le pays : la progression vient de la constance.

Structurer le dialogue social en amont. Négocier les droits des travailleurs quand la conjoncture le permet, plutôt que dans l'urgence d'un conflit.

Refuser les silos. Tenir à la fois l'usine, le pôle industriel et la direction pays, comme d'autres industriels marocains tels que Moulay Hafid Elalamy.

Une position industrielle se construit comme la marque se construit : sur la durée, par la qualité et par la confiance des partenaires.

Le parcours de Mohamed Bachiri en un tableau

PériodeFonctionRepère
2006DRH de la SOMACA et de Renault Commerce MarocArrivée chez Renault
2009 à 2013DRH du groupe Renault MarocFormation des 5 000 salariés de Tanger
2012Ouissam du Mérite NationalDécoré par le roi Mohammed VI
2013 à 2015Manufacturing, Renault EspagneBascule vers l'industrie
2015 à 2020Directeur général de la SOMACAPremier Marocain à diriger une usine Renault
2019 à 2020Présidence par intérim de la CGEMOctobre 2019 à janvier 2020
Depuis 2020Directeur de l'usine de TangerCoordinateur du pôle industriel Maroc
Depuis 2021Directeur de Renault Group MarocPremier Marocain directeur pays du groupe
Depuis 2026Vice-président général de la CGEMÉlu avec Mehdi Tazi pour 2026-2029

Questions fréquentes

Quel est le poste actuel de Mohamed Bachiri ?

Directeur de Renault Group Maroc depuis le 1er décembre 2021, il dirige aussi l'usine de Tanger, coordonne le pôle industriel Maroc et, depuis le 14 mai 2026, est vice-président général de la CGEM.

Pourquoi le parcours de Mohamed Bachiri est-il considéré comme atypique ?

Parce qu'il réunit deux cultures rarement associées : les ressources humaines, acquise chez Lafarge puis Renault dès 2006, et le manufacturing, basculé à Valladolid de 2013 à 2015. Cette double compétence lui a ouvert la direction de la SOMACA, de Tanger puis de Renault Maroc.

Quelles distinctions a reçues Mohamed Bachiri ?

Le Ouissam du Mérite National au grade d'officier, en 2012, des mains du roi Mohammed VI. Puis le titre de chevalier de la Légion d'honneur, en 2019, pour son engagement dans les relations franco-marocaines.

Conclusion

Vingt ans après son arrivée chez Renault, Mohamed Bachiri supervise la deuxième plateforme du groupe et pèse de plus en plus au sein du patronat marocain : le parcours le plus abouti de l'automobile marocaine.

Quelle leçon retenez-vous de cette trajectoire : la fidélité à un même chantier industriel, ou la capacité à changer de fonction pour élargir son périmètre de responsabilité ?

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Redaction

Auteur chez Maroc Entreprise