Rita Maria Zniber préside Diana Holding depuis avril 2014. Le groupe agro-industriel qu'elle dirige emploie 7 000 personnes, exploite 8 300 hectares et affiche 350 millions de dollars de chiffre d'affaires selon son site officiel. Vins, huile d'olive, volailles, embouteillage : la maison familiale tourne sur plusieurs moteurs, et sa dirigeante prépare l'ouverture du capital à de nouveaux actionnaires.
Le chemin n'a pas été linéaire. Née en 1955, mariée deux fois, entrée dans l'entreprise familiale en 1988, Rita Maria Zniber a d'abord siégé en présidente du conseil de surveillance avant de prendre la place de son époux. La disparition de Brahim Zniber, en 2016, a ouvert une période de gouvernance délicate, encore agitée aujourd'hui par des procédures judiciaires entre héritiers.
Rita Maria Zniber entre à la maison familiale en 1988
Elle naît Marie-Françoise Duchesne en novembre 1955. Elle épouse d'abord Khalid Zniber, dont elle a deux enfants, puis Brahim Zniber, avec qui elle a six enfants. C'est aux côtés de ce dernier qu'elle découvre les exigences du monde des affaires. En 1988, elle rejoint officiellement l'entreprise familiale, année retenue par Forbes Middle East dans son classement des 100 premières familles d'affaires arabes publié en 2026.
Pendant vingt-six ans, elle reste en retrait de l'exécutif. Administratrice historique du groupe, elle préside le conseil de surveillance jusqu'en avril 2014. Le métier s'apprend sur le terrain, entre les domaines du Moyen-Atlas et les usines du nord du Royaume. « Gouverner, c'est anticiper », résume-t-elle.
Diana Holding, d'Aït Harzallah à un groupe intégré
L'avantage agricole du groupe démarre en 1956, sur le domaine d'Aït Harzallah, au pied du Moyen-Atlas. La holding qui porte le nom de leur fille, Diana, est constituée en 1986. Elle regroupe aujourd'hui quatre pôles : l'agriculture, les protéines, l'industrie, les vins et spiritueux.
Les chiffres publiés par le groupe le placent au deuxième rang des acteurs agricoles marocains et au septième des groupes privés du pays. Il revendique 7 000 emplois directs, 8 300 hectares en exploitation et 350 millions de dollars de chiffre d'affaires. Forbes Middle East décrit, lui, une entreprise répartie en plus de 30 filiales et huit unités de activité, avec environ 7 200 salariés.
2014 : la passation après le retrait de Brahim Zniber
Brahim Zniber prend sa retraite en avril 2014. La société redevient une société anonyme à conseil d'administration, et Rita Maria Zniber en prend la présidence. Elle raconte avoir ensuite travaillé à l'organisation du groupe et à son désendettement, tout en préparant l'avenir.
Le fondateur disparaît en 2016. Il faut tenir la maison sans son bâtisseur, dans un secteur agricole soumis aux aléas climatiques. La dirigeante a depuis recentré le travail de l'état-major sur la clarification des processus décisionnels, la traçabilité des choix et leur collégialité. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en mars 2026, elle explique que ces formalisations visent à garantir la continuité des activités « indépendamment des configurations managériales ».
Vins, olives, volailles et bouteilles
Le vin est le savoir-faire historique de la maison. Cinq domaines viticoles couvrent plus de 3 300 hectares, complétés par des contrats d'approvisionnement. Le groupe a obtenu en 1998 la première appellation d'origine contrôlée du Maroc, la Côteaux de l'Atlas, puis en 2005 la première appellation Château. Ses cuvées sont classées à l'AOG Guerrouane et à l'AOG Bni M'Tir. Les Celliers de Meknès, Thalvin, les Vignes de Zenata et les Domaines viticoles du Saïss figurent parmi les participations.
Côté olives, l'huilerie La Maasera, sur le domaine d'Aït Harzallah, triture 300 tonnes par jour pour une capacité de 22 000 bouteilles journalières et 3 500 tonnes de stockage. Le site couvre 1 000 hectares et fonctionne avec des contrats-programmes signés avec les petits producteurs de la plaine du Saïss. Les protéines tiennent sur la Société Nouvelle de Volaille et la SES Warren.
L'embouteillage apporte l'échelle industrielle. Atlas Bottling Company est l'un des trois embouteilleurs de The Coca-Cola Company au Maroc, avec plus de 90 produits et 15 marques répartis sur les sites d'Oujda et de Tanger. L'usine de Tanger, l'une des plus grandes d'Afrique pour le groupe américain, a représenté un investissement de 500 millions de dirhams. Le 17 septembre 2026, les Domaines Zniber ont célébré leurs soixante-dix ans d'activité à Aït Harzallah.
Comment Rita Maria Zniber ouvre Diana Holding au capital
En septembre 2024, elle renouvelle le conseil d'administration du groupe dans l'objectif affiché de préparer une ouverture de capitaux. Deux administratrices indépendantes, Yasmina Triki et Kawtar Johrati, siégent depuis dans l'organe, aux côtés des membres de la famille.
La participation dans Marie Brizard Wine & Spirits, cotée à Paris, s'élève à 14 % du capital selon les documents du groupe. Cet investissement a valu à Rita Zniber et à Diana Holding, en 2021, une sanction de l'Autorité des marchés financiers pour délit d'initié, pour un montant de 18 millions d'euros rapporté par la presse.
La dirigeante siège par ailleurs au conseil d'administration de la CGEM pour la mandature 2026-2029, aux côtés de Mehdi Tazi, élu en mai 2026 pour succéder à Chakib Alj à la tête du patronat. Elle y retrouve un monde qu'elle connaît : l'agro-industrie et le patrimoine familial, deux thèmes chers à l'ancien président de la Confédération.
Distinctions, classements et engagement associatif
En 2019, Rita Maria Zniber reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. En février 2023, l'Africa Investments Forum & Awards la désigne meilleur PDG africain de l'année, et Forbes Middle East la place à la 33e position des femmes d'affaires les plus puissantes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. En janvier 2024, elle reçoit à Bruxelles le European Women's International Leadership Award. Forbes classe Diana Holding 84e du Top 100 des familles d'affaires arabes en 2026.
L'engagement social tient dans la durée. En mai 1982, dans la maternité de l'hôpital Mohammed V à Meknès, elle voit des nouveau-nés abandonnés. Six ans plus tard, elle ouvre Le Nid, qui accueille vingt-trois bébés. Sa fondation, reconnue d'utilité publique en 1996, accompagne depuis des centaines d'enfants privés de famille. Avec La Main Tendue, elle soutient aussi le développement du préscolaire en milieu rural.
Une succession familiale portée devant les tribunaux
Depuis la disparition de Brahim Zniber en 2016, la transmission du groupe est devenue une épreuve. Des procédures judiciaires opposent la dirigeante à certains héritiers du premier lit de son époux, notamment autour de reconnaissances de dette contestées, a rapporté Maroc Hebdo en octobre 2026. Rita Maria Zniber affirme s'en remettre aux institutions et maintenir une attitude de retenue.
Le dossier coïncide avec un chantier de fond : moderniser la gouvernance d'un groupe qui emploie 7 000 personnes. Les administrateurs indépendants arrivés depuis 2024 et la formalisation des décisions visent précisément à éviter que la vie actionnariale n'atteigne l'exploitation. Reste à savoir si l'ouverture de capital annoncée tiendra dans un environnement judiciaire aussi tendu.
Questions fréquentes sur Rita Maria Zniber
Comment Rita Maria Zniber est-elle devenue dirigeante de Diana Holding ?
Elle entre dans l'entreprise familiale en 1988 et préside le conseil de surveillance de Diana Holding jusqu'en avril 2014. À cette date, Brahim Zniber prend sa retraite, la société redevient une société anonyme à conseil d'administration et elle en devient présidente-directrice générale. Elle dirige le groupe depuis, y compris après la disparition du fondateur en 2016.
Quels sont les chiffres clés de Diana Holding en 2026 ?
Le groupe revendique 7 000 emplois directs, 8 300 hectares en exploitation et 350 millions de dollars de chiffre d'affaires. Il se classe deuxième acteur agricole du Maroc et septième groupe privé du pays. Forbes Middle East, en 2026, décrit plus de 30 filiales, huit unités de activité et environ 7 200 salariés.
Quelle est la situation de la succession Zniber en 2026 ?
Des procédures judiciaires opposent Rita Maria Zniber à certains héritiers du premier lit de Brahim Zniber, décédé en 2016, autour de reconnaissances de dette contestées. Maroc Hebdo a rapporté le dossier en octobre 2026. La dirigeante affirme s'en remettre aux institutions et poursuit en parallèle le renouvellement du conseil d'administration engagé en septembre 2024.